Bienvenue chez moi

Je suis heureux de vous accueillir dans mon blog ! Vous y trouverez des textes, de la poésie, des souvenirs de vadrouilles et de voyages intimes, que j'ai écrits, seul ou dans un atelier d'écriture, depuis 2001... J'ai pour sujets d'inspiration un thème imposé, un texte, une photo, un tableau, une musique, ou un morceau de mon existence...
Les "Ecrimages" sont les résultats de ces rencontres entre la lettre et l'image...
Je serai ravi de lire vos commentaires : Merci !
Loïc

dimanche 17 septembre 2017

Je voudrais te faire partager, mon ami, une belle visite : J'ai pu enfin explorer le moulin du Chef-du- Bois : Une merveille !

Tous les sens sont y sollicités : Odeurs du feu de cheminée, des poutres humides, spectacle des flammes, qui réchauffe le cœur, caresse du vieux bois dans le moulin, à paroles celui-là, qui en aurait à raconter, craquement perpétuel au charme si reposant. On ne m'a pas roulé dans la farine, c'est vraiment le moulin de mon cœur !

J'ai contemplé les alignements des moulins de Hollande. J'ai entendu le grand Jacques qui dans le vent s'est perdu. J'ai vu Don Quichotte de la Manche faire leur affaire aux moulins.

Me voici revenu sur terre, mais pour combien de temps ? ... Ce moulin m'a envoûté.

À plus tard, je t'attends pour une autre visite, ensemble cette fois.

Loïc

vendredi 15 septembre 2017

Que va-t'il devenir, ce moulin ?


Que va-t'il devenir, ce moulin ? Comment le mettre en valeur ? ...

Le représentant des Bâtiments de France se tourne brusquement vers l'architecte, et s'exclame :
- "Mais cette construction a une valeur inestimable, monsieur ! et vous osez suggérer d'en faire un restaurant ?
- Oui, c'est cela. Ou alors, je ne vois qu'une solution : la destruction totale.
- Comme vous y allez ... Remplacez-le par un parking, pendant que vous y êtes !
- Un parking ... tiens, tiens ... Euh, pour cela, il faudrait faire en sorte que l'on ait besoin de s'arrêter ici. Ou bien ... une discothèque ?
- Il en existe déjà une, pas loin.
- Alors, quoi ? ...
- Pourquoi donc, monsieur l'architecte, ne pensez-vous qu'à quelque chose de commercial, qu'à un immeuble de rapport ?
- Mais parce que notre époque le veut, les temps actuels sont ainsi faits ! J'imaginerais bien, pour ma part, une refonte intégrale : On couvre le toit de tuiles, pour faire "Sud de la France", ce serait joli; on peint les murs extérieurs d'un enduit jaune du plus bel effet, et on fait venir les touristes !
- Arrêtez, c'est de la folie douce !
- Bon. Enfin, bon ... Alors, on le démantèle, pierre par pierre, qu'on numérote, et on le reconstruit à l'identique, au bord de la mer, pour garnir une station balnéaire d'un bel élément décoratif. Autour, évidemment, un grand parc d'attractions, où la petite souris aux grandes oreilles noires trouvera son bonheur.
- Et moi, des Bâtiments de France, je vois ici un aménagement culturel. Non monsieur, ce mot n'est pas une injure. Bibliothèque, cinéma, ouverts à toutes les cultures, non ce mot n'est pas une injure, ouverts à tous vents. Un lieu intellectuel, et non ce mot n'est pas non plus un gros mot.
- Et le monsieur, là, qui est venu donner l'avis de sa famille, propriétaire, qu'est ce qu'il en pense ? Il faudrait peut-être lui demander son avis ?
- Ma famille et moi, nous n'hésiterons pas une seconde : respect de sa structure, reconnaissance d'un patrimoine intouchable, et métamorphose intelligente ..."

jeudi 7 septembre 2017

Hasard ?








sujet semaine 36/2017 sur Miletune- clic 
"Dis, toi, comment t'appelles-tu ?
- Erwan, pourquoi ?
- Moi, c'est Nolwenn.
- Tiens, ce sont des prénoms bretons, ça ! nous avons au moins cela en commun.
- Bof. Un hasard. Comme ces chemises de nuit : Normal, nous sommes dans le même centre d'accueil pour enfants ...
- Dis, j'ai lu dans ce vieux truc ...
- Arrête ! tu ne sais certainement pas lire.
- Si, je sais lire. C'est même toi qui m'as appris.
- Quoi ? C'est la première fois que nous nous voyons !
- Je me disais qu'il était temps de se bouger, de vivre, un peu. On s'encroûte, ici. Oui, je sais, je parle comme une grande personne. J'en ai rencontré beaucoup, par vouloir, par plaisir, ou par hasard. Alors, voici le texte sur lequel je suis tombé :
"Et pourtant, le destin, ou bien la vie, le hasard, l'amour -appelez ça comme vous voulez -, va se charger de les bousculer un peuLeur histoire, c'est la théorie des dominosmais à l'envers. Au lieu de se faire tomberils s'aident à se relever."
Ensemble, c'est tout (2004) de  Anna Gavalda
           - Dis, petite, tu nous crois concernés par ce truc ? Où es-tu allée chercher ça ?
- Je ne suis pas, justement, allée le chercher ! je l'ai trouvé, par hasard.
- Intrigant ... En tous cas, on se retrouve un peu, là-dedans, non ?
- Attends, on peut tomber sur d'autres citations, regarde : 
"Ce n'est point au hasard que doit se dessiner le voyage. A toute expérience humaine il faut un bon tremplin terrestre. Un logique itinéraire est exigéafin de partirnon pas à l'aventuremais vers de belles aventures."







"Équipée" 
Pékin aux marches thibétines (1929) de Victor Segalen



dimanche 3 septembre 2017

"D'hor bugale ..."




"Les gens", "le peuple", "la population brestoise", "les Brestois", "celui qui" ... Ces termes sont trop généraux, ou trop restrictifs, pour désigner les passants qui côtoient ce monument aux morts, émus, respectueux, ou indifférents.
Derrière la rangée d'arbres, un grand espace marque le centre de la ville : Avant la guerre "les Glacis"; puis "Place du Général de Gaulle", et enfin "Place de la Liberté". Un point de ralliement, un repère, pour beaucoup d'habitants. Mais aussi, en 2017, un repaire, de plus en plus fréquemment, pour les dealers de toutes espèces, et même pour les bagarres rangées ...
J'ai rarement entendu parler breton, à Brest. Seule une vieille dame (Mme Kersauzon, oui comme le marin), qui nous gardait parfois chez elle, nous chantait des comptines et des ritournelles, dans cette langue qui n'était pas ma langue maternelle. Elle n'a pas tenté de me l'apprendre, par contre je sais faire du tricotin grâce à elle !
Je demandai un jour à mon père ce que signifiaient ces mots : "D'hor bugale maro evit ar vro".
- "Regarde, c'est écrit de l'autre côté : "A nos enfants morts pour la nation."
J'insistai : -"Mais notre pays, alors, c'est la France, ou la Bretagne ?
- "La France, bien sûr !"
Trop compliqué, pour moi.


lundi 28 août 2017

Gilles

Sur le blog-atelier "Miletune : sujet semaine 35/2017 - clic


Comme la nuit tombait, Gilles se décida à rentrer. Mais il se sentait progressivement attiré, aspiré, par le ciel irréel, par ce trou qui l'enjôlait, l'hypnotisait, irrésistible.

Les Gilles, dans le Nord, sont connus pour se débrouiller avec tout ce qui se présente, vraiment tout, et surtout aux vertes et aux pas mûres, pendant leurs défilés débridés ... Mais, sur ce coup-là, Gilles s'était soudain retrouvé seul au bord de la plage, sur la corniche, le long des cabines. Et il ne s'était jamais senti aussi bien depuis longtemps. Il était déjà ailleurs, épiait, scrutait, ressentait que ... qu'il s'élevait, doucement, délicieusement, jusqu'aux limbes !

Ses collègues de travail étaient accourus sur le bord de mer dès sa disparition, car ils le connaissaient : un gilles maritime d'une espèce très particulière, très aimable mais totalement imprévisible.

Soudain résonna sur la mer un long coup de klaxon. Le ciel s'était déchiré. un trou énorme se découpait à travers les nuages. Une très grande silhouette noire, creuse, vide : celle de Gilles. Elle commença à avaler tout doucement, puis plus fort, puis comme un gigantesque aspirateur, toute l'équipe. Des volées de coups de klaxons les attiraient, les piégeaient telles des sirènes.

Ils pénétrèrent tous, formant une jolie ronde, dans la brèche à présent béante. Ils prirent la main de Gilles et tout ce monde disparut en affichant de beaux sourires  ...

Alors se referma ce que l'on nomme depuis ce jour "le trou de Gilles", sous de lourds grondements de tonnerre.

Loïc, 27/08/2017

mardi 22 août 2017

A l'abri de la tempête

Je suis né au-dessus d’un bistro : « à l’Abri de la Tempête ».
Ma ville, c’est ma rue, et c’est un terrain de jeux. 


     Les marins et les ports ... ? "Fastoche", pour toi ! pourrait-on me dire. Voire ...

 Fastoche ? Il me serait en effet assez facile de ressasser l'ambiance des romans maritimes, ceux de Pierre Mac Orlan, les chants de marins, et de servir tout chauds des vieux clichés.
 Mais j'écris aujourd'hui depuis les bords de Loire, près d'Orléans : Je viens d'y apprendre - moi qui ne connaissais que les "mariniers" - qu'il existe, ou existait deux marines, sur la Loire : le transport de marchandises, et celui de personnes, présentant de grandes différences dans les modes de travail et surtout dans les mentalités.
 À Brest, quatre "marines" (au moins !) : la Royale (Marine Nationale), celle du Portde (port de Commerce), celle des pontons (la plaisance) et enfin quelques pêcheurs.
    
     Je suis né, baby-boomer, en pleine période de reconstruction d'une ville totalement rasée par les bombardements américains et anglais de la fin de la guerre 39-45, particulièrement ceux du siège, en 1944. Mes parents nous ont parlé, tout au long de notre jeunesse, de cette blessure une tourmente qui les a littéralement traumatisés. Des quartiers disparus, le tram de l'époque, des noms de magasins, le Grand Pont tournant, me sont familiers, même si je ne les ai jamais connus, comme "Barbara", ou la Fanny de Laninon ...
 Il y avait souvent beaucoup de monde, le soir, à "l'Abri de la tempête", dans une rue perpendiculaire à la fameuse rue de Siam. La faune des matafs (marins d'État), qui arboraient leurs bachis au pompon rouge, donnait à l'enfant que j'étais l'impression d'une foule bruyante, animée, mais sympathique et - le plus souvent - joviale et conviviale. Mais parfois jaillissaient des mots, "Indochine", ou"Algérie", et le patron devait briser net les fougueux élans ...
     Je suis né juste au-dessus de ce bistro, dans l'appartement familial, une nuit d'hiver. Je n'ai jamais su s'il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là, ni si la patrouille de la Police Maritime y avait fait une descente. Lorsqu'ils débarquaient, ceux-là, ça ne rigolait pas. Coups de matraque solidement distribués, et ... au poste des punis, après un séjour en cellule de dégrisement ...




     Mon père ne mettait jamais les pieds dans ce bistro. Il n'aimait pas, et on n'appréciait que moyennement sa présence, car il buvait très peu d'alcool. Et surtout : Fallait pas mélanger ! les matafs d'un côté, les ouvriers de l'Arsenal de l'autre, non mais ! Pour leur part, les ouvriers étaient bien plus nombreux à être "casés", pères de famille ... Pas la même vie, pas le même monde.
     Dans ma rue, la rue de Lyon, une fille (une grande, au moins dix ans) fait du hula-hoop pour nous épater (le mot est d’époque). Je crois bien que j’avais le béguin pour elle.
     Devant mon immeuble, une école en construction. Comme toute la ville, d’ailleurs. Partout, des ruines. Parfois, j’entends parler de gens qui ont disparu, volatilisés par une bombe non explosée.
     De ma chambre, je perçois (que n’aurais-je donné pour les comprendre !) les discussions mêlées et bruyantes des ouvriers de l’Arsenal, et parfois dans la rue viennent s’échouer des marins en goguette, qui ont perdu leur cap…
     Régulièrement, passe le rémouleur, avec son triporteur : « Ciseaux, couteaux, coupez ! » ou le vitrier : « Encore un carreau d’cassé, v’là l’vitrier qui passe ! » Nous chantons avec lui… Puis ce sera le marchand de pillou. Lui, avec son sac de pommes de terre sur la tête, nous le craignons un peu…
     Déjà, on voit un nombre assez important de voitures ; celle que je préfère est « celle qui louche » (la Peugeot 102, je crois, qui avait les phares très rapprochés derrière la calandre). Dimanche, nous embarquerons, à six, dans la Juvaquatre offerte par Mémée, qui a gagné à la Loterie Nationale (un billet entier des Gueules Cassées, s’il vous plaît). Direction la côte nord, Argenton, ou Porspoder, les « montagnes russes », les vaches au derrière couvert d’une croûte qui nous fait, c’est une tradition, nous boucher le nez et leur tirer la langue. Chaque fois que nous passons devant un calvaire (c'est à dire à chaque carrefour ou presque), Papa fait un signe de croix.
     Parfois aussi, nous quittons notre fief pour livrer bataille contre ceux de la rue Colbert (les fils de la Haute, les enfants d’officiers). C’est qu’il faut le défendre, notre domaine ! Ou alors, nous nous risquons encore plus loin : Rue Jean-Jo (Jaurès), où, le jour de la Fête des Cornemuses, je suis effrayé par les Grosses Têtes, qui veulent m’attirer vers elles. Plaisirs suprêmes : monter « dans l’escalier roulant » des Nouvelles Galeries, ou aussi remplir, à la tirette, les bouteilles de vin. 
     La dernière image inscrite dans ma mémoire de cette rue de Lyon est, tout au fond, inaccessible, l’Hôpital des Armées, dont le portail s’éloigne, alors que nous déménageons vers un « Petit-Paris » inconnu, presque la campagne, sur la route de Paris.
J’ai sept ans, en 1959. Brest, la suppliciée, se fait reconstruire, lentement, vaillamment.
    ..... 2017. Le nombre d'ouvriers de l'Arsenal s'est réduit comme peau de chagrin. On ne reconnaît plus les matafs dans les rues, car ils sont en civil. La curiosité est attisée lorsque l'on croise un marin étranger en escale : le jeu consiste à reconnaître le pays à l'uniforme.
 Durant mon adolescence, et plus particulièrement en 1968, je ne voulais plus entendre parler des bateaux gris, car j'étais, comme beaucoup alors, pacifiste et antimilitariste. Dans le premier port militaire français, cela faisait un peu désordre ... !

     Mon amour (le mot n'est pas trop fort) allait au port de commerce. Les noms des navires, leurs pavillons, leurs équipages, que je rencontrais sur les quais, m'invitaient aux voyages, comme un Marius breton. Je restais de longs moments à tenter de deviner l'origine du bateau, sa cargaison, creusant ma mémoire des cours de géographie économique et humaine.
 J'ai depuis, bien sûr, rangé la Mobylette qui, à défaut des océans, me menait presque tous les jours au Portde.
Les tas de charbon ont disparu, les petits bistros aussi. Une grande salle d'animations culturelles les a remplacés.
 Perte de l'âme d'une ville ? Nostalgie, quand tu nous tiens ... Qui a écrit "sans passé nous n'avons pas de présent" ?


     Ah, j'oubliais : "À l'abri de la tempête" est à présent une agence du "Crédit Patate", comme on dit à Brest.

dimanche 20 août 2017

Brest : un "avant / après"

La goélette "Recouvrance"
Brest
Une ville qui m'est chère
Le berceau de ma famille
Des sons, des chansons, qui portent un patrimoine
Chants de vie, de désespoir
De luttes
De camaraderies
D'espoirs
Brest-la-Rouge
Blessée mais vivante.

En hommage à tous les anciens qui connurent une catastrophe
Personnelle ou collective
Du Brest d'avant-guerre (video et audio, 45 minutes)
Au Brest d'aujourd'hui (diaporama)

Voici, à suivre, les "mots de vie" d'un Ti Zef.

samedi 12 août 2017

Mon nid


Mon nid.

Un nid, oui, (trop?) grand pour moi. J'ai quitté la ville de Brest, où je suis né en 1952. J'habite à présent, depuis 1983, dans un charmant village de Cornouaille, en sud-Finistère. La mer des "bâtiments gris" - les bateaux de la Royale - a laissé la place, dans mon horizon, à celle des plages, des campings.
Je suis resté "attaché par les tripes" à cette ville, par mon histoire familiale, par l'Histoire, dans laquelle elle a joué un grand rôle, et surtout par l'étrange parfum qui monte vers tous ses habitants, anciens comme nouveaux.
De l'Histoire, oui, bien sûr. Mais ... "de l'art ?", diront certains. En effet, derrière les façades austères ("staliniennes", peut-on entendre !), les rues bétonnées et quadrillées lors de la Reconstruction, se cachent des trésors : le patrimoine maritime (photos, chants, livres, tableau, films ...)
Brest, "au nom qui claque comme un drapeau", est touchante et fait preuve d'une forte identité. Plusieurs éléments de son histoire contemporaine sont parties intégrantes de la vie de ma famille; je ne puis donc pas me résigner à en interrompre l'étude, avec une nostalgie qui tente ne pas noyer l'objectivité. Je vous invite mes prochaines pages sur ces sujets, espérant que vous y trouverez votre compte et ressentirez mes émotions.

Depuis 1954, la SEBL (Société des Etudes de Brest et du Léon) élabore des articles, souvent très érudits, et toujours très bien documentés, qui sont publiés dans les "Cahiers de l'Iroise", une mine précieuse.

jeudi 10 août 2017

Ile-Tudy


C'est déjà sec, hélas.

"Hé, monsieur ! Que faites-vous ? Attendez, je m'en vais vous aider, moi !
Pardon, Monsieur, excusez-moi… Je tâtais cette chose bizarre, en caoutchouc…
Oui, je vous ai bien vu. Mais arrêtez donc, Monsieur; Si tout le monde faisait comme vous !
Pourquoi exposez-vous, alors, votre linge à la vue de tous ?
Le soleil et le vent ne sont-ils pas nos meilleurs alliés pour faire sécher le linge ? Et puis je vous reprends : ce n'est pas « du linge », c'est mon matériel !
Du matériel ? Je n'ai jamais vu cela !
Mais d'où venez-vous donc, vous ? C'est une combi (une combinaison, si vous voulez) pour le kitesurf, et des chaussures spéciales pour ce sport. Je les ai rincées, pour en chasser le sable, et mises à sécher, avant mon départ, demain."

Ses yeux se brouillent, son regard se trouble, il ne me regarde plus. Il observe fixement son « matos de vacs » :
"- Oui, demain, retour à la caille, et au boulot. Laissez moi ranger mon linge, monsieur."
Merci, à l'année prochaine, peut-être.

dimanche 6 août 2017

Généalogie ...

"Connais ton passé, pour comprendre ton présent et prévoir ton avenir" ? C'était encore une sentence assez généralement répandue, il n'y a pas si longtemps ...
Les choses évoluent vite, et cela n'est plus vrai, sans doute. Mais la généalogie est un jeu, puis un art, puis une passion au fur et à mesure de la progression. Certains se plongent même dans la psycho-généalogie, qui cherche à expliquer des comportements ou autres par une espèce de "généalogie de l'hérédité" ...
En tous cas, voici ma généalogie, élaborée avec passion. Elle fut entamée 'à cause' d'une tante, qui me confia ses recherches, sentant proche de la fin de son existence. Je l'ai mise en forme informatique, puis me suis à maintes reprises rendu aux Archives départementales de Quimper, où j'ai trouvé des mines, pour repérer non seulement des listes de noms et de dates, mais aussi des curiosités, des parcours de vies hors du commun. Tout ceci au travers de ma marotte : l'histoire du cru, la petite histoire, celle des "gens".
Mon frère a ensuite pris le relais, mais son travail fut interrompu prématurément.
Ma fille, enfin, a attrapé le virus, et je pense avec plaisir que cette sorte d'acharnement ne sera pas vain, et que nous laisserons une trace de notre passage ...
27 ans ...

Voici un LIEN vers cette généalogie, qui navigue beaucoup en Bretagne et en Normandie, principalement.
Les renseignements concernant les personnes nées depuis moins de 100 ans ne sont pas accessibles : uniquement leurs noms.
Si vous désirez me contacter, c'est à cette adresse : loicpointroussainarobaseorangepointfr

lundi 31 juillet 2017

S'acharnerait-il ?

S'acharnerait-il ? voire ! Il peut toujours essayer, ça ne prendra pas sur moi. Du moins pas tout de suite, crénom de nom.
Qui ça, "il" ? mais le temps, voyons ! ma petite-fille, récemment (encore une histoire de temps, toute subjective ...) m'a déclaré malicieusement, constatant que j'avais quelque peine à me baisser, que "le temps ne m'avait pas épargné" ! Humour, j'adore, taquinerie, j'aime aussi, mais tout de même une petite tape sur l'épaule, du style "arrête de porter beau, ménage-toi", et même, quelque part, "économise-toi !"
Pourquoi ces élucubrations et ces interrogations (?) sur notre destinée, notre devenir, nos "il y en a un", ou "il n'y en a pas" (de Bon Dieu, de Paradis, de Nirvana, etc et nanana) ?
Mais parce que - je viens seulement de le découvrir ! - on ne découvre la valeur du temps qui passe ... que lorsqu'il se met à passer en changeant de vitesse ! un peu comme le bus.
C'est ce qui m'est arrivé : Nous sommes partis de chez nous, il y a environ deux mois, pour une vadrouille en camping-car du côté de chez Rabelais et Villon, pays de calme, de tendresse, idéal pour la pratique du coconnage. Puis, retour à la maison, et re-départ, cette fois pour retrouver notre fils, sa compagne et notre petit Marius. Ils venaient de Grenoble, nous de Quimper, et notre point de rendez-vous était la station balnéaire de Gruissan, près de Narbonne, au bord de la Grande Bleue*. Là, le farniente, délicieux, orteils en éventail que-rien-que-de-le-dire-ça-me-fatigue. Goûter son temps, prendre son temps, le temps ne fait rien à l'affaire et c'est si bon.
J'ai passé ainsi mon temps (encore lui) en délaissant - par obligation - mon blog et tout internet. Puis j'ai réalisé (non, pas avec horreur !) que je n'avais pas du tout perdu du temps à ne pas faire ce qui m'aurait fait en perdre ...
Ainsi, donc, tout est relatif, faut voir, c'est à peser, ça appelle à réflexion, et tout le bazar, ma pauvre dame.
J'ai pris un soudain plaisir, qui semble même se transformer en passion, pour l'ancien. pas le nostalgique, non, mais plutôt ce que l'on nomme la petite histoire, l'histoire locale, les rubriques anecdotiques.
Chez moi (ma famille, mon village, ma ville, ma région) cela fait florès. Alors je cueille à tout vent les brochures, affiches, vieilles photos, témoignages, qui me touchent, sans me poser de questions du genre "pourquoi ça me touche".
Pour en revenir à mon blog : Je vais vous proposer désormais, de temps en temps, ce genre de chroniques du temps plus ou moins passé ou dépassé.

* : La "mer", pour les autochtones du sud, c'est la Méditerranée. Pour nous les Bretons la mer c'est toutes les mers, y compris l'Atlantique que nous appelons plus volontiers "l'océan" ... Une anecdote (authentique, sinon ce n'est pas rigolo) : J'engage, en barbotant dans l'eau tiède, une conversation avec une dame venant de Lens (Pas-de-Calais), qui trouve l'onde assez froide ! Alors je lui suggère, afin de goûter la différence de venir se baigner près de chez moi, près de Quimper, dans l'Atlantique, quôa. Sa réponse : "Ah mais ... ce n'est pas l'Atlantique, ici ?"
Tout à fait vrai. Je ne nageais pas, sinon j'étais bon pour la tasse, avec mon fou-rire.
Encore une que le temps n'a pas épargnée ...

Pour nous mettre en jambes et en appétit, un document tout en finesse et en légèreté :

Laurent Fries : "Homme en points de saignée"

samedi 8 juillet 2017

40 ans

Romuald Goudeau, http://www.unjourunephoto.fr/
Un grand mariage n'est pas un couple parfait qui se réunit 

mais plutôt un couple imparfait qui apprend à apprécier ses différences.

Dave Meurer

mardi 4 juillet 2017

Le vaillant petit tailleur

Le vaillant petit tailleur

Prologue

Vous pouvez retrouver ici le texte du "vrai" vaillant petit tailleur, des frères Grimm. L'atelier "Filigrane" nous a proposé d'en modifier la fin, 
à notre guise, mais en incluant dans notre oeuvre 
les mots casserole, poil et ruban ...


...................................

Le petit tailleur chassa toutes les mouches qui emplissaient son atelier, mais, ne comprenant pas la langue humaine, elles ne se laissèrent pas intimider. Elles revinrent plus nombreuses encore, car le fumet de confiture montait à présent de la casserole, toujours plus fort et irrésistible. Alors, comme on dit, le petit tailleur sentit la moutarde lui monter au nez. Il attrapa un torchon et « je vais vous en donner, moi, de la confiture ! » leur en donna un grand coup. Lorsqu'il retira le torchon et compta ses victimes, il n'y avait pas moins de sept mouches raides mortes. « Tu es un fameux gaillard », se dit-il en admirant sa vaillance. « Il faut que toute la ville le sache. »

"Sept d'un coup, ouais, je vous le dis, moi ! Je suis vraiment le plus vaillant, pensait-il en caressant les poils de sa barbe naissante.

Vaillant, oui, et vantard, très fier de lui, matamore, il se mit alors à claironner et à chanter ses louanges dans tout le village.

-"Mais ... c'est encore lui ! Il nous casse vraiment les pieds, lui ! Il va falloir le moucher, lui donner une bonne leçon de modestie !

Ceux qui parlaient ainsi avaient assisté à la scène que le petit tailleur transformait en exploit, et ils n'en revenaient pas d'un tel aplomb. "Un culot pareil, ce n'est pas possible !" ...
Le jeune homme, toutefois, n'avait pas les yeux dans la poche, et se rendit compte que les villageois, à leur mine, n'étaient pas dupes du tout. Cela allait lui retomber dessus, c'était certain. Il ne devait pas fournir les bâtons pour se faire frapper ... "Je suis trop connu pour pouvoir continuer mes frasques, pour les soûler avec mes fadaises ... "

Une jolie et gentille jeune fille, une connaissance à laquelle il n'avait jamais osé adresser la parole, vint lentement vers lui, lui prit la main : "Viens avec moi, tu veux bien ? - puis, tout bas - je suis Doigts-de-Fée, la protectrice des tailleurs. Viens avec moi, je vais te conduire au pays des Ailleurs, où tu seras le roi des vaillants.

La voix fluette l'envoûtait, magique, et il ne put résister : Ils avancèrent bientôt dans une grande allée, très longue, ombragée, où les arbres, peu à peu, se resserraient, pour ne plus donner place qu'à un sentier qui cheminait entre des talus couverts de fleurs.

"Tu vois, au loin, cette cité ? c'est Ailleurs, le paradis des francs-tailleurs et des tuvavoirtaleurs, leurs serviteurs. Tu vas t'y rendre, seul. Je ne peux pas t'accompagner car je suis une fée, pas une tailleuse. Et puis, je suis une femme", lâcha-t'elle dans un doux soupir qui rosit ses joues diaphanes, ce qui n'échappa pas au garçon ... "Tu trouveras à Ailleurs tout ce que tu voudras, il te suffira de toujours ne raconter que le vrai, le vécu. Tu sais, il y a déjà suffisamment à faire avec ce qui existe réellement ! Mais avant que je te laisse, tu dois préparer le nécessaire pour être reçu. Pense à ton cri plein d'orgueil : "Sept d'un coup !" : Tu vas, pour te racheter, m'énumérer sept expressions, ou sept choses, ou sept personnages. A chaque bonne réponse je te donnerai un de ces rubans bleus, qu'il te suffira de montrer à la porte principale d'Ailleurs. Tu es prêt ? je t'écoute.

-"Euh ... Hé bien, euh ... Quel défi ! sept ... sept ... ça va venir, voyons. Mais ça ne vient pas ...

-Voilà une première entorse à ta vantardise et à ton orgueil ! tu viens de t'avouer vaincu, pour la première fois ! Mais continue, bats-toi.

-"Les sept nains, les sept nains, j'ai trouvé ! Il en saute de joie, le petit bougre !

-Bien, bien, tu vois que tu le peux ! voici ton premier ruban.

Alors, tel un robinet ouvert trop grand d'un seul coup, se déversent les collections de "sept" : Les sept samouraïs, les sept mercenaires, la rose aux sept pétales, les sept cieux, le septième jour de la Création, et puis, ... oh il m'en manque un ...

- Cela ne fait rien, petit tailleur. tu as connu l'erreur et tu l'as acceptée. Tu as vécu l'humilité et la retenue, sources d'une vie sociale équilibrée. Voici tes rubans, tu pourras les montrer aux Ailleurais la tête haute. Moi, de mon côté, je m'en vais à la cueillette aux fanfarons et fanfaronnes, qui sont légions dans ce bas monde, d'Ailleurs à Partout ...

EPILOGUE

..... Nous apprenons à l'instant que le héros (?) de cette histoire a encore fait des siennes : Après son accueil à Ailleurs, il a renoué illico avec ses travers, un jour où il avait remis de la confiture à cuire ...

Alors tous les groupes de sept qu'il avait nommés devant la fée se sont ligués contre lui, vexés qu'ils étaient. Ils lui sont tombés dessus à bras raccourcis, comme des mouches.

Notre petit tailleur a dû quitter Ailleurs pour la bonne ville de Sète. Nous ne savons pas si à Sète on peut chasser les mouches, nous ignorons même s'il y en a. En tous cas on ne l'entend plus. Le bougre.


samedi 1 juillet 2017

"L'humanité est un vernis fragile" - Simone Veil

Les rescapés d’Auschwitz ne sont plus qu’une poignée. Bientôt, notre mémoire ne reposera plus que sur nos familles, sur l’Etat, mais aussi sur les institutions qui en ont fait leur mission, notamment celles en charge des lieux où vous vous trouvez aujourd’hui. Elle sera aussi la source d’inspiration d’artistes et d’auteurs, comme un objet qui nous échappe pour le meilleur et pour le pire. Notre mémoire, surtout, doit être intégrée et conciliée avec l’enseignement de l’histoire à l’école, faisant des élèves comme des professeurs des relais essentiels de cette nécessaire transmission.
Il vous appartiendra de faire vivre ou non notre souvenir, de rapporter nos paroles, le nom de nos camarades disparus. Notre terrible expérience aussi de la barbarie poussée à son paroxysme, flattant les instincts les plus primaires de l’homme comme les ressorts d’une modernité cruelle.
L’humanité est un vernis fragile, mais ce vernis existe. En parlant de ce monde à part que fut celui des camps et de la tourmente dans laquelle les Juifs furent emportés, nous vous disons cette abomination, mais nous témoignons aussi sur les raisons de ne pas désespérer. D’abord, pour certains d’entre-nous, il y eut ceux qui nous aidèrent pendant la guerre, par des gestes parfois simples parfois périlleux, qui contribuèrent à notre survie. Il y eut la camaraderie entre détenus, certes pas systématique, dont les effets furent ô combien salutaires. Et puis, pour cette infime minorité qui regagna la France en 1945, la vie a été la plus forte ; elle a repris avec ses joies et ses douleurs.
Puissent nos rires résonner en vous comme notre peine immense.
Notre héritage est là, entre vos mains, dans votre réflexion et dans votre cœur, dans votre intelligence et votre sensibilité.
Il vous appartient que la vigilance ne soit pas un vain mot, un appel qui résonne dans le vide de consciences endormies. Si la Shoah constitue un phénomène unique dans l’histoire de l’humanité, le poison du racisme, de l’antisémitisme, du rejet de l’autre, de la haine ne sont l’apanage d’aucune époque, d’aucune culture, ni d’aucun peuple. Ils menacent à des degrés divers et sous des formes variées, au quotidien, partout et toujours, dans le siècle passé comme dans celui qui s’ouvre. Ce monde là est le vôtre. Les cendres d’Auschwitz lui servent de terreau.
Pourtant, votre responsabilité est de ne pas céder aux amalgames, à toutes les confusions. La souffrance est intolérable ; toutes les situations ne se valent pourtant pas. Sachez faire preuve de discernement, alors que le temps nous éloigne toujours plus de ces événements, faisant de la banalisation un mal peut-être plus dangereux encore que la négation. L’enseignement de la Shoah n’est pas non plus un vaccin contre l’antisémitisme, ni les dérives totalitaires, mais il peut aider à forger la conscience de chacun et chacune d’entre-vous. Il doit vous faire réfléchir sur ce que furent les mécanismes et les conséquences de cette histoire dramatique. Notre témoignage existe pour vous appeler à incarner et à défendre ces valeurs démocratiques qui puisent leurs racines dans le respect absolu de la dignité humaine, notre legs le plus précieux à vous, jeunesse du XXIe siècle.
Simone Veil, 2005

mercredi 28 juin 2017

Dans la série "j'ai beaucoup aimé" : Pas sages, à Fouesnant

Prévert est indémodable. (Photo DR)

La compagnie amateur du Théâtre des Pas Sages et sa metteure en scène Annie Delaunay nous ont proposé un spectacle intitulé « Rappelle toi Jacques Prévert », le vendredi 23 à 20 h 30, à l'Archipel. Un hommage au poète disparu il y a 40 ans.
« Réalité sociale » pour artiste multiple
La troupe est née en 2010 et présentera son troisième spectacle, après « Faut pas payer », de Dario Fo, créé en 2011 et « Pièces détachées », de Jean-Michel Ribes en 2014. « Nous aimons travailler les textes drôles et ancrés dans la réalité sociale. C'était le cas pour nos deux premiers spectacles et celui-ci, bien qu'écrit en 1935, est totalement contemporain », explique Annie Delaunay. Les quatorze comédiens amateurs fouesnantais s'en donnent à coeur joie. « Jacques Prévert est parti il y a 40 ans, mais il nous reste dans le domaine scolaire. Son nom est connu de nos enfants pour ses poésies, apprises au fil des années, de préférence toujours les mêmes. Et pourtant, quel talent : cinéma, chansons, théâtre, poésie, il a touché à tant de domaines ».
Textes, poèmes, chansons, dialogues de film
La première partie du spectacle rassemble des poèmes, chansons, dialogues de film, textes connus et moins connus. Au cours de la seconde partie, les comédiens ont interprété un sketch intitulé « Revue bretonne, suivez le druide », écrit pour le mythique groupe Octobre. https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_Octobre 
Il fut, à l'origine, présenté le 16 juin 1935, à l'occasion d'une représentation en plein air à Saint-Cyr-l'École dans le cadre d'une fête organisée par la « Ligue des Bretons émancipés ». « Ce texte est anticlérical, le rôle du recteur était joué par Jacques Prévert lui-même, contre l'exploitation du peuple breton par l'ordre établi. Mais il est aussi d'un humour féroce et se moque allègrement des touristes venant chercher le « pittoresque de la Bretagne », poursuit Annie Delaunay. « Ce texte n'a été joué que quatre fois par le groupe Octobre. Raymond Bussières et Roger Blin faisaient alors partie de la troupe ».